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Assurés, contactez nous

Nous avons eu le plaisir d’échanger avec Fabien Cazes, GM France de l’insurtech française Lovys. Fabien a commencé sa carrière à Londres en tant que banquier d’affaires. Par ailleurs, il a notamment conseillé de nombreux assureurs sur des problématiques de fusion/acquisition. Avant de rejoindre Lovys, il a été CEO France d’une fintech d’open banking pour laquelle il a lancé le business en France et a fortement contribué à sa croissance pendant deux ans. En mai 2021, il décide de revenir à ses premiers amours (l’assurance) et prend la tête des activités de Lovys en France.

Le mot de Franck Pivert, COO Revenue

Chez Wakam, nous travaillons avec les acteurs qui façonnent l’assurance de demain. Wakam était un des tout premiers partenaires d’assurance de Lovys et nous avons construit une relation sur le long terme avec comme ambition d’accompagner Lovys à travers toute l’Europe.

Bonjour Fabien, pouvez-vous nous présenter Lovys ?

Lovys a été fondée en 2017 par Joao Cardoso à partir d’un constat simple : l’assurance n’est pas encore rentrée dans le 21ème siècle. 

En réalité, l’assurance est un secteur mal aimé par les consommateurs car souvent opaque pour eux. Avant la création de Lovys, il n’y avait pas d’offre qui permettait d’avoir quelque chose de simple, transparent, digital. 

Pour en arriver là, il a fallu totalement réinventer le modèle. On ne pouvait pas se permettre de prendre des produits sur étagère d’assureur et de les vendre de manière digitale. On ne voulait pas simplement remplacer des formulaires papiers par un formulaire digital. Notre vision est d’apporter une vraie innovation de rupture sur le marché. 

Chez Lovys, nous avons vraiment cette ambition forte de créer un futur géant européen de l’assurance multi-produits (MRH, PNO, auto, chient/chat, et pour protéger votre smartphone). Afin de renforcer notre offre chient/chat, nous avons récemment fait l’acquisition d’une autre insurtech : Otherwise. À ce jour, nous employons plus d’une centaine de personnes réparties dans trois bureaux : France, Espagne, et Portugal.

2017

année de création

3

bureaux (France, Espagne, Portgual)

4

produits (MRH, assurance auto, chient/chat, mobile)

>100

employés

17M€

levés en Série A début 2021

Repenser la chaîne de valeur de l’assurance

Chez Lovys nous avons décidé de repartir d’une page blanche et de remettre le client au centre de nos décisions. Que ce soit au niveau de la souscription, de la gestion ou des sinistres, nous souhaitons totalement repenser l’assurance. De la même manière qu’on regarde des films avec Netflix ou qu’on écoute de la musique avec Spotify de manière simple et efficace à un seul endroit. Pourquoi on ne ferait pas ça pour l’assurance ?

Pour souscrire à notre offre, il suffit de vous rendre sur notre site internet ou notre application et en moins de 3 minutes vous pouvez souscrire à une offre MRH par exemple. Si vous avez un autre contrat chez un autre assureur, on s’occupe de la résiliation.

Crédits : Lovys

En seulement quelques clics l’assuré a la possibilité de faire sa déclaration de sinistre via son application ou son ordinateur. Notre objectif est de proposer un produit simple permettant aux consommateurs de se concentrer sur ce qu’ils aiment faire dans la vie. On ne veut pas qu’il passe du temps à gérer l’administratif, ou à savoir s’ils sont bien assurés pour tel ou tel risque.

Chez Lovys, nous avons une « no asterisk policy » ! On veut vraiment rendre ça le plus intelligible et transparent possible pour nos clients.  

On pense qu’il y a beaucoup de valeurs pour le consommateur à avoir tous ses produits au même endroit avec une interface simple. Il est temps de mettre fin à cette hérésie d’avoir un contrat auto chez un assureur A et d’avoir son contrat habitation chez un assureur B.

Façonner l’assurance du futur avec une offre innovante et flexible

Nous proposons une offre avec un abonnement mensuel et surtout sans engagement. C’est un critère sur lequel on a été très ferme dès le début. Il est impensable aujourd’hui d’être engagé 12 mois avec son assureur. Vous ne savez jamais quand a lieu le renouvellement. Et quand il a lieu vous avez généralement une fenêtre de deux semaines pendant laquelle vous devez vous rendre à la poste et envoyer un recommandé. Ça n’a plus aucun sens ! 

Chez Lovys nous n’avons vraiment rien à cacher : si le consommateur n’est pas satisfait de notre produit il est libre de s’engager ailleurs. En deux clics il est possible de résilier son assurance. C’est important pour nous de restaurer la confiance des utilisateurs envers l’assurance. On y travaille très dur tous les jours pour faire en sorte qu’on arrête finalement de dire que c’est un produit qu’on n’aime pas acheter et qu’on ne veut surtout pas utiliser.

Accompagner nos assurés sur le long terme…

Notre cœur de cible reste une cible relativement jeune, urbaine et connectée. Nous sommes là pour les accompagner dans tous les moments de leur vie : lorsqu’ils vont acheter un appartement et vouloir l’assurer. Lorsqu’ils adoptent un animal de compagnie ou quand leurs enfants auront un smartphone. Lovys a la solution pour eux ! 

On pourra très bien imaginer demain un profil « famille » de la même manière qu’il existe une offre famille pour Spotify. Vous aurez alors la possibilité d’assurer vos enfants, votre conjoint(e) au sein d’une seule et même application !  

…en véhiculant des valeurs fortes à travers sa marque

Même si aujourd’hui, nous visons principalement les jeunes, nous avons adapté notre communication en lançant des campagnes offlines (métro et télévision) pour se faire connaître auprès d’un public différent. 

Je réalise avec enthousiasme que des gens comme mes parents qui étaient auparavant réfractaires au digital, utilisent de plus en plus leur smartphone. Ils s’en servent pour aller sur WhatsApp, poster des photos sur Instagram ou encore gérer leurs comptes sur les banques en ligne. Il ne faut pas les exclure à cause de leur âge. Finalement, je pense que la technologie s’impose lorsque c’est plus simple, plus facile à utiliser.  

Stratégie multi-produits ou stratégie mono-produit ? 

Lorsque vous lancez une assurtech, il y a toujours ce débat philosophique de la stratégie mono ou multi-produits. Chez Lovys, la stratégie du multi-produits était claire dès le début. 

Nos clients ont tous plusieurs besoins en assurance, alors pourquoi devrait-on se concentrer sur une seule offre ? Nous avons choisi de simplifier la vie de nos clients et ceux pour toutes leurs assurances, d’où le choix délibéré du multi-produit. Et au-delà de ça, notre vision est de réinventer l’assurance, donc par définition on ne peut pas se limiter à un seul produit. Ça serait dommage de réduire le scope de ce qu’on fait. Finalement notre recette peut s’appliquer à tous les produits. 

Chez Lovys on suit la maxime « think global, act local ». Il faut penser assurance au niveau global et agir localement. Nous partons du principe qu’il est difficile de conquérir un nouveau marché sans y mettre les pieds.

Penser l’assurance de manière globale et scalable. Ce sont sur ces deux principes clés que nous avons décidé de bâtir Lovys. C’est sur cette logique que nous avons construit notre plateforme, notre marque et nos produits. Nos équipes et nos process internes sont également pensés pour s’adapter à tous les pays. Cela nous a permis d’ouvrir des bureaux en Espagne et au Portugal*. 

*Lovys ne compte pas s’arrêter là et prévoit de s’implanter dans d’autres pays en 2022.  

Pourriez-vous nous parler du partenariat avec Wakam ? 

Au moment de créer notre premier produit d’assurance, nous avons fait une étude de marché pour voir vers quel assureur on pourrait se tourner. La limite qu’on s’est fixé pour le moment est de ne pas porter nous même le risque assurantiel. Et très vite, il était évident que nous devions travailler avec vous. Wakam a été un des premiers partenaires de Lovys et vous nous avez permis de développer notre vision d’une assurance digitale et globale. Nous partageons des valeurs et un ADN commun : innover au service du client et révolutionner le secteur de l’assurance. 

On a eu beaucoup de succès sur le produit développé ensemble (assurance MRH).  On est ravi de se développer et de continuer à imaginer ensemble l’assurance de demain.

J’échange beaucoup avec vos équipes sur le développement de nouveaux produits et notre expansion commune à l’international. On se challenge tous les jours ! On est ravi d’avoir un partenaire qui peut nous accompagner à travers toute l’Europe.

Pour nous c’est très intéressant d’avoir un partenaire comme Wakam qui a la capacité de nous accompagner sur le long terme. Nous avons la même approche qu’avec nos investisseurs : on cherche des partenaires capables de soutenir notre développement européen et qui partagent notre vision de l’assurance. 

Une partie des équipes de Lovys (crédits: Lovys)

Quels sont les éléments selon vous, qui font la réussite de notre partenariat ?

Je pense qu’il y a trois avantages que vous avez et que les assureurs traditionnels n’ont pas forcément. Tout d’abord, je mentionnerais l’agilité de vos équipes pour faire avancer les projets. Avec vos équipes nous voulions vraiment repenser le produit en partant à la fois de votre expérience mais également des difficultés rencontrées par les  utilisateurs que nous avions pu identifier.

Ensuite, votre time-to-market qui est très court ! En seulement quelques semaines, nous avons réussi à lancer notre assurance MRH. Ainsi, en combinant nos deux expertises, on gagne beaucoup de temps.

Pour conclure, je dirais votre ADN technologique. Nous recherchions un acteur qui partage notre vision digitale pour distribuer nos produits. En fait, Wakam a beaucoup investi dans la technologie ces dernières années avec par exemple le développement de votre plateforme Play & Plug. Tous vos produits sont accessibles en API (ce qui n’était pas le cas de tous les assureurs).

On a vu votre capacité à se réinventer en vous positionnant aujourd’hui comme un des leaders européens sur le marché en soutenant de nombreuses insurtechs.

Que pensez-vous du secteur de l’assurance et de l’explosion des investissements dans les assurtechs ces derniers mois ?

L’assurance était un peu en décalage par rapport à d’autres secteurs : celui des banques en ligne par exemple. . Mais on sent que ce gap est en train de se réduire de manière drastique. Ces derniers mois, tout s’est accéléré avec énormément de financement et beaucoup de  publicité autour. Je suis assez convaincu que le modèle des néo banques va en partie se reproduire dans les assurances.

Je pense qu’il y aura au moins deux grands acteurs de l’assurance B2C en Europe. Pour moi c’est une évidence ! On l’a vu dans d’autres secteurs, c’est le sens de l’histoire. Et Lovys a les moyens d’en faire partie.

Je reste très optimiste sur la réussite et la pérennité des insurtechs. Elles apportent une vraie valeur ajoutée et viennent disrupter le marché sur toute la chaîne de valeur. Les acteurs traditionnels ont pris conscience de la complémentarité qui pouvait se créer en travaillant avec les insurtechs. Je pense que ça fait énormément accélérer l’industrie. Ce n’était pas le cas dans l’industrie bancaire où les néo banques et banques se sont directement opposées. 

Vers un consommateur plus averti ?

Cette adoption va également se faire grâce à la jeune génération qui devient de plus en plus phobique à l’administratif, au papier, aux lettres recommandées ! On peut imaginer que la génération TikTok ne comprendra même plus pourquoi il faut envoyer un papier à son assurance. Ils vont nous prendre pour des dinosaures si on ne change pas ! Je pense aussi que ces générations vont moins se reposer sur leurs parents en reprenant leur assurance car c’est plus simple. Ils ont tellement l’habitude de consommer, de comparer les produits directement sur leur smartphone. Le consommateur de demain est de plus en plus averti. Il est moins sensible au marketing et au greenwashing. Il veut des vraies valeurs, une culture forte. C’est à nous de créer des produits qui vont leur parler. 

Dans quelques années on regardera son contrat d’assurance comme on regarde maintenant la télévision en noire et blanc, comme un vestige archéologique.

Interview réalisée en octobre 2021

Emilien Matte

Brand Content & Social Media Lead